Témoignage: Comment j’ai retrouvé un bon sommeil

Une insomniaque qui ne veut pas se laisser faire par son insomnie

Pour s’endormir on conseille de suivre un rituel. D’accord, mais mon rituel s’affole, tournoie, prend de la vitesse : Bouillotte, dix pages d’un livre, éteindre, rallumer, écouter France inter (Caroline Dublanche – faudrait que je l’appelle), relecture, pipi, éteindre, se tourner à gauche, le bras sous l’oreiller, la bouillotte est froide, se lever, il est 3h, j’ai faim… Depuis cinq ans mon sommeil s’évapore. Il se dissous dans les ténèbres de ma chambre. Mon bien-être est remplacé par une angoisse diffuse que je sens poindre et serrer mon cœur. Mon cœur qui palpite ; je l’entends battre contre le matelas, je vais peut-être mourir ? Impossible de lâcher prise, le sommeil me fuit. Les pensées parasites m’agressent. Insomnie. Mon corps se délasse enfin, tombe dans un trou opaque… et sursaute ; les yeux grands ouverts, je me dis : dix pages d’un livre peut-être… à 4h, épuisée, enfin je sombre dans le sommeil.

Abattre le somnifère

Je me suis mise aux somnifères avec mauvaise conscience. C’est efficace mais on devient accro. J’essaie de résister et craque sur un comprimé vers 2h quand ma nuit est déjà foutue. Brisée par l’insomnie, le jour je suis livide. Et pourtant mon témoignage va être positif, mais oui. Comment retrouver un bon sommeil ? De manière inattendue, je me suis (peut-être) sortie de cette insomnie. temoignage-insomnie-1

Fuir l’anxiété

J’ai pris un bateau pour trois semaines vers les Baléares en hiver. Oui comme George Sand. Je sais tout le monde ne peut pas. Et çà me va d’être sur une île : la mer fait un rempart protecteur contre les inquiétudes d’outremer. Le village silencieux, le vent, l’absence d’ordinateurs dans la maison, le téléphone coupé, le langage étranger, l’absence de questionnement des autres, la complicité d’une cousine positive, la marche, la nouveauté, la bienveillance des autochtones (et le bon vin de Rioja) ont eu raison de mon insomnie. Car il semble qu’il s’agissait bien de cela, vaincre une sensation d’insécurité, une vulnérabilité, un besoin de protection, un manque qui m’empêchaient de dormir. On peut être une femme autonome et responsable et être au fond de soi, parfois, juste une enfant avec un besoin d’être bordée, blottie, rassurée pour glisser confiante dans un sommeil paisible.

S’écouter mieux

L’une des causes les plus fréquentes de la difficulté à l’endormissement est l’anxiété. Plutôt que par les médicaments, lorsque l’insomnie ne vient pas d’une cause physiologique,on peut trouver la solution dans la compréhension de son malaise, en se faisant aider éventuellement par un psychothérapeute ou en participant à des groupes de parole. On peut regarder son insomnie comme un signal, presque comme une rude amie qui vient dire : « toi, change ta vie ! ». Pour l’instant, dans mon île, la nature, sa beauté, la lumière m’apportent des sensations physiques apaisantes. Quand le soleil du matin tombe sur mon lit, il m’emplit d’énergie positive et c’est bon d’être là simplement dans cette lumière. Puis marcher, respirer l’air du large, me nourrir de dorades grillées, rire… Et chaque nuit, je dors. Peut-être n’est-ce que pour un temps, mais la rupture de rythme, la prise de conscience et la lumière ont arrangé mes nuits. Le plaisir de vivre est le meilleur médicament contre l’insomnie.

Vous avez résolu votre problème d’insomnie, même temporairement, écrivez votre témoignage pour aider nos lecteurs.