Je bâille, tu bâilles… Pourquoi ?

Qui n’a pas tenté de contrôler ses bâillements pendant une longue réunion ou durant un diner en ville ?
Nous sommes tous passés par cette situation qui nous met mal à l’aise et il semble que plus nous essayons de contrôler nos bâillements, moins nous réussissons.
Pourquoi donc bâillons-nous?

Les théories

Selon la théorie la plus communément répandue, nous bâillons lorsque nous avons un surplus de dioxyde de carbone dans le sang accompagné d’un manque d’oxygène. Notre cerveau envoie un message aux poumons et au diaphragme et nous étirons notre bouche afin de laisser entrer le plus d’oxygène possible. Et voilà ! On vient de bâiller !

Il semble que, lorsque nous sommes fatigués ou que nous nous ennuyons, notre respiration soit peu profonde. Nous avons donc moins d’oxygène dans les poumons et nous bâillons afin d’obtenir l’oxygène supplémentaire qui nous manque.

Contrôler le bâillement

Une des solutions pour éviter de bâiller serait donc de respirer très profondément. Cette poussée d’oxygène augmenterait le rythme cardiaque et nous donnerait plus d’énergie. D’ailleurs, lorsque nous faisons de l’exercice physique, nous avons tendance à prendre de grandes respirations et bâillons moins. Untitled-1

Pour éviter de bâiller au bureau, nous pouvons faire une petite pause, marcher autour du pâté de maisons ou monter et descendre les escaliers. Cela donne de l’énergie et évite de bâiller devant les collègues.

Le fait de boire un grand verre d’eau redonne aussi de l’oxygène et c’est une solution rapide.

Une autre théorie veut que la cause qui sous-tend nos bâillements soit une température trop élevée au niveau du cerveau. Il semble que notre cerveau, tout comme un ordinateur, fonctionne mieux quand il n’est pas surchauffé. Le bâillement servirait ainsi de ventilateur afin de baisser la température du cerveau. Certains croient d’ailleurs que si notre température frontale est plus basse, nous bâillons moins puisque la température de notre cerveau est plus basse.

Vous pourriez donc réduire vos bâillements en appliquant une serviette froide sur votre front. Pas très commode en pleine réunion ! Un peu d’air frais peut aussi vous être salutaire. Ouvrez la fenêtre ou placez un petit ventilateur sur votre bureau.

L’inexplicable


La théorie n’explique pas tout
. Nous savons, par exemple, que le fœtus commence à bâiller dès l’âge de 11 semaines. Pourtant, il ne peut le faire par manque d’oxygène puisque l’oxygène n’ira dans ses poumons qu’après sa naissance.

La médecine ne peut expliquer non plus pourquoi les gens qui souffrent de certaines maladies telles que sclérose en plaque, tumeurs, lésions au cerveau ou hémorragie ont tendance à bâiller davantage.

L’effet domino qu’entraîne un bâillement ne peut être entièrement expliqué non plus. Plus de 50% des gens vont se mettre à bâiller moins de 5 minutes après avoir vu quelqu’un bâiller. Par contre, cet effet contagieux sera amoindri si la personne a vu un étranger bâiller au lieu d’un parent proche ou d’un ami.
Les personnes non-voyantes sont aussi influencées par cet effet domino. On raconte qu’elles bâillent après avoir entendu le son d’une personne qui bâille.

Selon le docteur Olivier Walusinksi, spécialiste français du bâillement, ce phénomène contagieux se produirait par empathie. Ce phénomène d’empathie se produit chez les êtres humains (et chez les chimpanzés nos proches parents) mais ne se produit pas chez les gens qui souffrent de maladies telles que l’autisme ou avec une personnalité schizoïde.

Finalement, il semble que nous bâillons lorsque nous lisons sur ce sujet. Et vous, combien de fois avez-vous bâillé à la lecture de cet article?

(Le site le plus complet et passionnant sur le baillement est celui du docteur Olivier Walusinksi : www.baillements.com)