La grasse matinée, la recette du succés !

Une bonne grasse matinée

Si je suis une adepte de la bonne grasse matinée, je ne suis pas une paresseuse ! D’abord ce n’est pas ma faute et puis cette pratique est bénéfique pour moi. L’avenir appartient à ceux qui se lèvent tard !

Un gène de la grasse matinée

L’avenir appartient à ceux qui se lèvent tôt paraît-il ! Ah oui ? Je vais méditer cette affirmation avec mon second earlgrey sur un plateau à ma gauche, l’ordi sur mes genoux relevant mes mails, un petit chuchotti de France musique pour me réveiller surtout sans choc émotionnel. La température des draps est parfaite et chaque mouvement de jambes dans ce lit douillet est une caresse. Impossible d’en sortir.

Et alors ? J’ai travaillé jusqu’à deux heures du matin, cela ne mérite pas récompense ? La durée du sommeil ne dépendrait pas seulement de l’âge, de la latitude ou de la saison. Selon une étude réalisée sur 10 000 européens par des chercheurs de l’université d’ Edimbourg et de Munich, publiée par la revue « Molecular Psychiatry », le goût de la grasse matinée serait inscrit dans les gènes. grasse-manitee-1

Une variante du gène ABCC9 induirait un besoin de dormir plus longtemps que les autres. Cela toucherait 20% de la population européenne qui a des difficultés à sortir du sommeil et resterait une demi-heure de plus que les autres dans son lit.
Les animaux aussi seraient porteurs de ce « gène de la grasse matinée » et ainsi il existe une mouche drosophile qui, selon la version du gène dont elle est porteuse, dormirait plus longtemps que ses congénères. On a remarqué que cette mouche serait bien plus active que les autres les trois premières heures de la nuit.

La grasse matinée accentue les performances

Une autre étude de chercheurs suisses, français et belges, publiée dans la revue Science, nous dit que si lève-tôt et couche-tard ont des performances voisines une heure trente après leur lever, après dix heures de veille, ceux qui se lèvent tard font preuve d’une plus grande attention et concentration que ceux qui se lèvent tôt, différence qui s’est accentuée tout au long de la journée. Cela en tenant bien sur compte de leur rythme naturel, de leur horloge circadienne, celle qui au plus profond d’eux règle le temps sur 24h.

Ainsi les lève-tard seraient plus performants, plus longtemps que les lève-tôt accusant plus fortement la pression du besoin de sommeil. «Nous pensions que les sujets “du matin” seraient plus performants le matin et vice versa.

En fait, après une heure et demie d’éveil, il n’y a pas de différence entre lève-tôt et couche-tard. En revanche, en fin de journée, les lève-tard sont moins fatigués et ont amélioré leurs capacités d’attention», explique le Pr Philippe Peigneux, de l’université de Bruxelles, co-auteur de l’étude. Les lève-tard en fin de journée ont des performances indiscutables. Encore faut-il pour exprimer cette capacité que ces personnes soient dans leur rythme naturel, ce que les contraintes sociales empêchent souvent.grasse-matinee-5

La grasse matinée rend créatif

Une autre étude explique que la grasse matinée rend plus créatif. En effet, dans ce flottement du matin, l’esprit vagabonde et a parfois tendance à aborder la vie hors réalité, dans une vision hors norme du monde. Un autre article sur Wired en octobre 2011 se basant sur plusieurs études scientifiques expliquait que « la rêvasserie est une source importante de créativité intellectuelle et artistique ».

Ainsi il n’y a qu’un pas pour expliquer que « les gens intelligents se couchent tard ». Pas qui a été étonnamment franchi : le timing du sommeil reflèterait l’intelligence. On peut lire dans un magazine « les personnes avec des QI plus élevés tendent à être plus actifs la nuit et à se coucher plus tard, tandis que ceux avec des QI plus bas tendent à se coucher plus tôt ». « Il y aurait corrélation entre le moment du sommeil et l’intelligence » écrit le scientifique Robert Alison dans un article du Winnipeg Free Press.
Selon Satoshi Kanazawa de la London School of Economics, les hommes ancestraux vivaient au rythme du soleil et cette nouvelle manière de vivre plus nocturne, « cette préférence de l’évolution » se retrouve chez les individus plus intelligents et montre « un niveau de complexité cognitive plus élevé ».

Toutes ces conclusions étranges réclament vérification et études plus poussées ! Mais bon, cela m’arrange. Si à cela j’ajoute une autre étude récente qui explique que le manque de sommeil pourrait favoriser l’obésité… vive la grasse matinée, je me sers un troisième earlgrey et je glisse dans la chaleur de mon lit.
moidemai