Diabète et sommeil: Attention !

Dormir trop peu ou trop longtemps augmenterait les risques de développer un diabète de type 2. Trouver la juste mesure et avoir une bonne hygiène de vie, une alimentation saine et faire de l’exercice sont un bon rempart contre la maladie.

Sommeil et diabète

Le diabète c’est quoi ? Une maladie chronique dans laquelle le patient a une glycémie trop élevée (taux de glucose dans le sang). Cela vient d’ un déficit de production de l’insuline par son pancréas ou bien par une mauvaise utilisation de l’insuline qu’il produit. A long terme cela entraine des altérations graves de différents organes.

Les causes sont diverses, on accuse d’abord la mauvaise alimentation occidentale avec l’obésité croissante, mais aussi certains virus, des anomalies génétiques. Mais depuis quelques années les chercheurs se sont rendus compte que les troubles du sommeil peuvent aussi déclencher ou accentuer cette maladie.

Les troubles du sommeil entraînent le diabète

A l’université de Lille, Philippe Frogel, chercheur, a trouvé avec ses collègues britanniques, le fait que des mutations du gène récepteur de la mélatonine, l’hormone qui nous entraîne dans le sommeil, provoquerait une augmentation de sept fois le risque de développer un diabète de type 2. 1 à 2 % des diabétiques de type 2 seraient concernés par ce dysfonctionnement génétique (travaux publiés dans Nature Genetics). diabetes-sommeil-2

Cela pourrait aider à développer de nouveaux médicaments pour contrer le développement de la maladie. Car ce diabète de type 2 touche 300 millions de personnes dans le monde (2 millions de canadiens adultes).

Par ailleurs, une équipe de médecins américains de l’université de Boston ont aussi fait une expérience avec vingt et un volontaires. Ils ont étudié l’influence de « trop » de sommeil, environ dix heures par nuit suivi de sommeil réduit durant trois semaines à cinq ou six heures par 24 heures, avec des journées de 28 heures allongées artificiellement. Ils en ont déduit que leurs patients subissaient une altération des cellules produisant de l’insuline.
La glycémie augmentait après le repas avec un temps plus long pour revenir à la normale.

Rassurons nous car au bout de 9 jours ces personnes retrouvaient avec leur sommeil habituel normal un comportement également normal de leur production d’insuline. (source : Science Translational Medicine d’Avril 2012). Cette étude montre également qu’un mauvais sommeil ou sommeil perturbé mènerait vers le diabète. Le stress, l’énervement, que l’on ressent lors d’insomnie est lui même susceptible d’amener des perturbations dans le métabolisme du glucose. D’où l’importance de mener une vie équilibrée.

Un rythme circadien régulier bénéfique

Chacun a un rythme circadien qui lui est propre sur 24 h, on peut avoir l’habitude d’endormir plus ou moins tard. Mais pour tous, la nuit de sommeil est composée de courtes séquences de 90 mn environ, constituées de cinq phases : somnolence, sommeil léger, sommeil lent profond, sommeil profond et phase de sommeil paradoxal où nous rêvons.

Pendant cette nuit de sommeil nous allons reconstituer nos forces physiques, intellectuelles et psychologiques. Tout le processus vise à cela et notre corps a besoin de régularité. Lorsque nous dormons moins de 5 h ou plus de 10 h, les chercheurs ont constaté que le métabolisme du glucose est perturbé. Les travailleurs de nuit ou qui travaillent à des heures irrégulières sont donc plus à risque en ce qui concerne la venue d’un diabète.

Curieusement on s’est aussi rendu compte que les personnes dormant trop, plus de 9h par nuit, risquent également de devenir porteuse de diabète. Cela s’explique moins facilement. On suppose qu’elles dorment trop parce qu’elles sont déjà porteuses de maladies non encore diagnostiquées. diabete-sommeil-3

Troubles respiratoires et diabète

Le mauvais sommeil troublé par des ronflements ou des apnées entraîne un mauvais métabolisme du glucose.
L’institut National du Sommeil et de la Vigilance reprenant différentes études faites sur ce sujet indique les chiffres suivants :

58 % des diabétiques ont des troubles respiratoires la nuit
30 à 35 % souffrent d’un syndrome d’apnée du sommeil
40 % des dormeurs ayant un syndrome d’apnée du sommeil souffriront un jour d’un diabète

Les apnées fragmentent le sommeil et réduisent l’apport d’oxygène dans le sang ce qui réduit l’action de l’insuline et baisse la tolérance au glucose.

Le diabète entraîne des troubles du sommeil

Si les troubles du sommeil peuvent entraîner l’apparition du diabète, on sait également que le malade du diabète a souvent un sommeil perturbé. Il est parfois difficile de savoir où est la cause et où est l’effet. Les risques d’insomnie sont plus importants que pour une personne en bonne santé.

Le système métabolique étant anormal, des hypoglycémies nocturnes réveillent le dormeur avec un malaise et un besoin impérieux de se nourrir. Le besoin d’uriner fréquemment vient aussi troubler la nuit du diabétique. Le syndrome des jambes sans repos, avec un besoin constant de bouger, peut être dû à une atteinte des nerfs touchant souvent les dormeurs diabétiques. Tout cela peut amener un sommeil haché de multiples phases qui ne donnent rien de bon pour diminuer la maladie. C’est pourquoi le diabétique a besoin de beaucoup de sommeil réparateur.

Il est donc important, dans les deux sens, de veiller à faire un dépistage du diabète si vous avez un mauvais sommeil chronique, et de même, si vous êtes diabétique, vérifiez si ne souffrez pas d’apnées du sommeil non encore diagnostiquées.